Enjeu de sauvegarde des emplois et préservation des intérêts des consommateurs.
Eviter de mettre en péril les entreprises de la minoterie avec 70 000 emplois directement et indirectement
L’Etat ayant épuisé toutes les possibilités fiscales de soutien aux prix, la révision de la structure du prix du pain était inévitable, dans une démarche inclusive et dialogue sociale.
« 340 € voire plus au mois d’octobre 2021, rendant insuffisantes les mesures de soutien pour maintenir le prix homologué de la farine à 16 600 francs le sac. L’étude technique de la structure réelle à partir d’un sac de farine donne 19200F ». Telle a été une des conclusions du Conseil national de la Consommation tenu le 13 décembre 2021, planchant ainsi sur les prix du blé, principal intrant dans la fabrication de la farine qui, à son tour, est l’intrant de base dans la production du pain.
Les facteurs d’augmentation des prix sont liés à un contexte difficile « l’accroissement de la demande mondiale du fait de la reprise économique, l’augmentation drastique du coût du fret maritime et l’engorgement des ports ayant entrainé un déficit de logistique notamment les containers » a rappelé le Directeur du Commerce Intérieur Oumar DIALLO dans sa présentation.
Madame le Ministre du commerce et des PME Assome Aminata DIATTA, dans sa communication, a noté que « Pour faire face à la hausse graduelle du prix du blé constaté depuis janvier 2021, passant de 240 € /Tonne CAF Dakar à 270 €, puis à 300 et 325 entre juin et août 2021, l’Etat a mis en place un dispositif de soutien au prix de la farine pour éviter son augmentation. C’est ainsi que la TVA sur la farine avait été baisée de 18 à 6 % de janvier à août 2021, et annulation simultanée du droit de douane perçu sur le blé et de la TVA sur la farine depuis septembre 2021 ».
Elle a poursuivi que « Malgré cet effort important de l’Etat, les cours du blé sont restés en constante progression atteignant 340 € et plus au mois d’octobre, rendant insuffisantes les mesures de soutien pour maintenir le prix homologué de la farine à 16 600 francs le sac ».
Le Comité de suivi des prix, composé de meuniers, de boulangers, de services techniques, d’associations de consommateurs, industriels a constaté la hausse inéluctable du prix de la farine. La structure révisée du prix de la farine donnait 19.193 francs le sac soit une hausse de 2 600 francs, ce qui devait entrainer la révision de la structure du prix du pain.
La proposition de prise en charge de la hausse sous forme de compensation par l’Etat « sur la base du différentiel entre le prix révisé et celui de 18 000 f qui avait servi de base de fixation du prix du pain à 150 francs » a été une option difficilement réalisable. L’Etat ne pouvant pas encore mettre une subvention de 30 milliards cfa.
La structure de prix de revient farine prend en compte la TVA et les droits de douane supprimés ; le cout du blé tendre ; les transports, la manutention et frais financiers ; la marge commerciale ; le cout des paquets de levure et améliorants ; du sel ; de la glace ; de matières premières consommables et fournitures divers (Electricité, carburant véhicule, gas-oil). Autres services : le loyer, l’entretien et réparation véhicule, le téléphone ; les frais du personnel (salaires et prime de transport, Indemnités de congés, charges sociales….). Elle est difficile à stabiliser du fait de la variabilité des prix : « 325 a 700 cfa d’augmentation pour le papier d’emballage ; 20.000 a 26.000 cfa pour celui de la levure » a relevé un boulanger.
Participant à la rencontre, la Douane a signalé que « la Taxe d’ajustement à l’importation a été allégée de 7 % à 2 %, soit un prélèvement de 5.000 cfa sur la tonne de blé au lieu de 15.000 cfa. Egalement, les prélèvements du PROMAD ne sont pas appliqués sur le blé ».
Moustapha TALL du Mouvement des Importateurs et Commerçants de Denrées de Première Nécessité a reconnu les sacrifices faits par l’Etat.
Les Boulangers, de leur côté, ont demandé de limiter les demandes d’ouverture des boulangeries par le respect des distances. Leur président Amadou GAYE a souhaité une meilleure application de la règlementation en évitant la distribution et la vente du pain dans les boutiques. Il a aussi appelé au consommer local car « 200 boulangeries fournissent du pain local mais pas beaucoup acheté par les consommateurs. L’importation de 700.000 tonnes de blé est nécessaire parce qu’il faut au moins 75 % de taux d’incorporation de farine dans le pain. En plus, les conditions climatiques ne sont pas réunies pour le cultiver au Sénégal ; également non disponibilité des hectares de terres nécessaires».
Pour leurs parts, les associations de consommateurs ont exigé le respect des poids autorisés, de l’hygiène, d’un transport règlementaire ….. Elles ont aussi souhaité la révision des prix vers le mois de mars 2022, en cas de baisse du prix de la farine. Au titre du respect des poids, l’Administration du Commerce a martelé qu’elle sera intransigeante.
Quant aux meuniers, par le biais de Claude Demba DIOP qui a proposé la convocation de CNC en cas de variations persistantes ; également la mise en place d’une filière boulangère permanente, afin de pérenniser les concertations.